 Tel : 514-526-5961
|
Fonctionnement
Liturgie
|
 |
Bref historique de la paroisse
Notre église a plus de cent ans (1898)
La paroisse de l'Immaculée-Conception a été fondée en 1887, mais l'édifice actuel, lieu de nos célébrations, a été complété et prêt à accueillir ses paroissiens en 1898, il y a cent ans, et a été consacré par Mgr Bruchési le 5 juin de cette année 1898.
Une église pour quelle paroisse
«À ce moment-là (1887), nous avions pour voisin le village de la Visitation du Sault-au-Récollet au nord, à l'est le village de la Nativité d'Hochelaga, au sud la paroisse du Sacré-Coeur, à l'ouest les villages de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-enfant-Jésus du mile-End. Ce vaste territoire comptait à peine une centaine de maisons.
La première église et la nouvelle paroisse
En 1875, on se lance dans la construction d'une église, à l'angle des rues Rachel et Bordeaux. Mais les murs de ce temple sont à peine élevés qu'éclate une crise financière grave dans la province. C'est en 1883 que Mgr Fabre demande aux jésuites de fonder la paroisse Saint-Grégoire-le-Thaumaturge et de terminer la construction de l'église. Les «pères» acceptent à condition qu'il leur soit permis de fonder un scolasticat à proximité de l'église.
En 1887, l'église est construite et la paroisse est érigée sous le vocable de St-Grégoire-le-Thaumaturge, mais que les paroissiens n'emploieront pas, si ce n'est dans les documents officiels et jusqu'en 1910.
Construction de l'église actuelle
Ce n'est qu'en 1895 que fut entreprise la construction de l'église actuelle. L'emplacement retenu est le coin des rues Rachel et Papineau, là où se situe une école qu'il faut d'abord déplacer d'une centaine de pieds. Les travaux sont effectués sous la supervision du Frère Joseph Tremblay d'après les plans de l'architecte Émile Tanguay. Ils progressent lentement, car le terrain sur lequel doit reposer l'église est très instable. En fait, le sol composé de glaise oblige les ouvriers à creuser à plus de 30 pieds de profondeur avant d'atteindre le roc. La majeure partie du travail doit être effectué à la main, les excavatrices n'existent pas encore. De nombreux éboulis surviennent, et on doit constamment pomper l'eau. Les prêtres disent des messes pour la sécurité des ouvriers.
Il faudra un an de travail pour atteindre finalement une base solide sur laquelle seront empilées des pierres liées de béton. C'est sur cette assise que le temple s'élève enfin. Le 7 juin 1896, Mgr Fabre bénit la pierre angulaire. Et après 2 ans d'un dur labeur, en 1898, l'église Immaculée-Conception est enfin prête à accueillir ses paroissiens. Elle est consacrée par Mgr Bruchési le 5 juin 1898.
Caractéristiques architecturales et artistiques
En plus d'être originale et fonctionnelle, l'église de l'Immaculée-Conception est avant tout un hommage à la Vierge Marie. La plupart des vitraux, des peintures et des sculptures qui ornent l'église représentent Marie aux différentes étapes de sa vie.
L'architecte, George-Émile Tanguay, n'est pas connu dans le milieu : tous les constructeurs célèbres sont déjà employés ailleurs. Tanguay, qui n'est pas un connaisseur concernant le gothique mais qui est bien au fait des techniques nouvelles, propose un temple de style néo-roman. Pour la première fois en Amérique, on utilise l'acier dans la construction d'une église. Cette innovation permet d'avoir une nef sans colonnes mais entraîne la nécessité d'abaisser la voûte dont l'acoustique ne sera que meilleure. C'est par ailleurs la première église entièrement électrifiée au Canada.
Voici en quels termes dithyrambiques La Presse du 28 mai 1898 décrit le nouveau temple qu'on s'apprête à inaugurer : «L'édifice flanqué de contreforts semble une forteresse inexpugnable et symbolise la puissance de la Vierge à qui elle est dédiée. Tout dans cette citadelle de Marie paraît défier les ravages du temps et du feu. La toiture en ardoise est supportée par une charpente de fer. La voûte intérieur est en acier. D'élégantes colonnes de stuc en imitation de marbre de Sienne jettent leur profil rose le long des murs sans arrêter la vue qui porte sur l'image de l'Immaculée Conception de Murillo souriant là-haut au-dessus du maître-autel. Le pavé en terra-cotta est recouvert d'une marqueterie importée de Maubeuge, France. Plus de 400 lampes électriques viennent projeter leur brillante lumière sur les grandioses cérémonies de la liturgie catholique, tandis que la voûte d'une remarquable sonorité prolonge les sons de l'orgue et de la masse chorale.»
Le maître-autel de l'église de l'Immaculée-Conception, fait de marbre, est un des plus beaux réalisés en son temps. Le tabernacle est fait de marbre, de simili-marbre et d'onyx du Mexique.
L'orgue de l'église de l'Immaculée-Conception est particulier. Il s'agit d'un Rudolf von Beckerath, un des trois seuls à Montréal. Sa sonorité favorise l'interprétation du baroque allemand.
Les vitraux de la nef proviennent de la maison J. P. O'Shea tandis que ceux du choeur et des transepts ont été réalisés par la maison Vermonnet, de France. Le chemin de croix est l'oeuvre du peintre Chabane, ses tableaux sont marouflés directement au mur.
Un tableau représentant l'Immaculée Conception, peint par Meloche, surmonte le maître-autel. Le crucifix en bois est l'oeuvre du célèbre sculpteur Médard Bourgault. Enfin, un tableau d'Antoine Plamondon datant de 1840 a été emprunté au collège de Sainte-Marie.
Les châteaux de nos pères
(Extrait d'une collaboration spéciale du Cardinal Jean-Claude Turcotte, publiée dans le Journal de Montréal du dimanche 9 novembre 1997)
«Pour exprimer leur appartenance et leurs convictions, nos ancêtres n'ont pas construit de châteaux à la manière européenne. Ils ont plutôt bâti des églises. Petits temples de bois ou en pierres des champs, larges nefs ou immenses basiliques, ces édifices témoignent de la foi qui les animait et de leur fierté à planter dans la terre un signe durable de leur présence en ce pays. On peut presque dire que les églises de la vallée du Saint-Laurent sont nos châteaux de la Loire et les églises de nos grandes cités, nos Versailles et nos Trianon.
. . . cet édifice est le lieu où leurs grands-parents et leurs parents ont été baptisés et se sont épousée avant d'y porter leurs enfants au baptême. C'est là qu'on aura pleuré le départ d'un proche ou la mort brutale d'un être cher. Ce lieu porte à jamais le souvenir des espoirs et des douleurs de ces personnes qui, tout comme nous, ont cherché la voie d'une vie meilleure. Il est souvent le seul îlot de calme et de paix qui demeure dans notre vie trépidante.
On comprend alors que la valeur d'un tel édifice ne tient pas seulement à la qualité de son architecture ou à la richesse de son ornementation. L'édifice qu'on appelle une église porte en lui-même l'empreinte de la vie, il témoigne, non seulement du travail des bâtisseurs, mais encore et peut-être davantage des joies et des peines, des grandeurs et des misères, des succès et des deuils de ceux et celles qui nous ont donné la vie.
Références
Église de Montréal, le 27 août 1987,
Souvenir du centenaire de la paroisse, 1987,
André Croteau, Les belles églises du Québec, Éditions du Trécarré, 1996,
Journal de Montréal, 9 novembre 1997.
Informations rassemblées par Rodolphe Tremblay, s.j., curé de 1992 à juin 1998
|
|
|